Du Grand Paris au Grand Bordeaux

quinconcesL’avenir de la Communauté Urbaine de Bordeaux n’est-il pas en train de s’écrire à Paris ? La  question est légitime à la lecture du projet de loi relatif au Grand Paris dont la discussion débute à  l’Assemblée Nationale dans une relative indifférence.

Le transfert des compétences des collectivités locales à l’Etat, prévu pour la capitale pourrait bien s’étendre aux autres grandes métropoles françaises. Les travaux que nous avons menés au sein de la commission des affaires économiques pointent ce risque.   En effet, ce texte oppose l’efficacité de l’Etat à l’éparpillement supposé des élus locaux.  Il prévoit de dessaisir les collectivités territoriales d’une partie de leurs compétences au profit de l’Etat, via la création un établissement public « la société du Grand Paris » doté de mesures dérogatoires en matière d’urbanisme, d’expropriation et d’environnement.

Ces mesures d’exception inventées pour l’Ile-de-France, en particulier celles relatives au code de l’urbanisme pour préempter autour des gares sans considérer les projets des élus, pourraient bien être étendues à d’autres régions, notamment sur les territoires situés autour des gares TGV, des ports ou des aéroports.

L’agglomération bordelaise a le bon profil.  Si le Grand Paris voit le jour, il y a fort à craindre que les autres grandes villes n’échappent, à terme, aux régimes d’exception voulus par l’Etat au nom de la supériorité de l’intérêt général.   Dans un contexte de mise à l’index des collectivités locales et de suppression de la taxe professionnelle, la reprise en main de l’Etat sur les projets d’aménagements territoriaux procède de la même logique de recentralisation.

Après les régions et départements, les métropoles sont aujourd’hui visées. La question du Grand Paris  est à généraliser à toute la France  dans le projet global de restructuration des collectivités locales.   Le terme de Grand Paris est également révélateur. Commentne pas y voir un retour à la fonction étatique de la capitale ? Comment ne pas y voir un retour au temps des Villes Nouvelles conçues par la technostructure dont émane aujourd’hui une bonne partie de la problématique des banlieues. 

 Ce nouveau  faux statut de ville nouvelle passera t’il inaperçu aux yeux des élus des grandes agglomérations ?

Une réponse à “Du Grand Paris au Grand Bordeaux”

  • facon michel:

    C’est vrai que ce risque existe et il ne semble pas qu’il soit le fait du hasard. N’oublions pas que les grandes métropoles sont gérées surtout par la gauche, Paris, Lyon, Lille. Bordeaux est dirigée par un maire UMP mais la CUB est à gauche. Une centralisation permettrait au pouvoir d’éviter d’avoir à négocier avec des municipalités qui ont certainement des vues différentes quant à l’avenir de leurs métropoles.
    On a vu au XIXème siècle ce que des décisions centralisées pouvaient faire, le baron Haussmann rasant l’ancienne cité parisienne pour en faire la ville que l’on connait mais destinée à l’époque à conjurer toute émeute. Les expropriations à l’époque avaient été très nombreuses, que nous réservera l’avenir du Grand Paris?
    Mais c’est vrai, il est idiot de parler d’histoire à l’heure ou nos ministres veulent en partie la supprimer!

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