Le bras ou la jambe ?
Au cœur de l’été, un certain nombre de mesures qui seront examinées dans le cadre de la loi de finances sont d’ores et déjà annoncées.
L’augmentation de l’Allocation Adultes Handicapés de 25% sera décalée dans le temps. Les emplois aidés seront moins aidés au risque de mettre en péril la possibilité pour les associations de recruter. Les aides au logement et le financement des logements sociaux devraient fortement diminuer…
Une mesure s’avère particulièrement choquante. Il s’agit de la suppression de la demi-part fiscale à laquelle ont droit les parents d’étudiants, dès lors que ceux-ci sont éligibles à l’allocation logement.
Cette possibilité de bénéficier de la demi-part et de l’allocation logement pour l’enfant étudiant, concerne plus de 700 000 familles dont beaucoup ne bénéficient pas de bourses d’études. Tout le monde sait que qu’un étudiant est très rarement indépendant financièrement. Les parents doivent aider leur enfant pour les frais d’inscription, la nourriture, les déplacements, les loyers, au prix de réels sacrifices pour les moins aisés.
En réalité cette disposition plus restrictive va d’abord pénaliser les classes moyennes imposables et les étudiants eux-mêmes. Dans un contexte de crise économique et de difficultés sociales, cette décision fiscale est d’autant plus choquante que le bouclier fiscal continue de reverser chaque année des centaines de millions d’euros, des revenus moyens vers les hauts revenus.
En imposant un choix impossible, se couper un bras, ou se couper une jambe, le Gouvernement prend le risque de renforcer les inégalités fiscales et l’incompréhension sociale.
Digues et débordements financiers
5oo millions d’euros. C’est la somme que débloquera l’Etat d’ici 2016 pour le renforcement des digues suite à la tempête Xynthia. Cette somme ne permetra que 500 kilomètres de travaux de confortement.
Or il y a plus de 9000 kms de digues en France et selon la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, 3000 kms doivent être consolidés. A 1million d’euros du kilomètre, il faut 3 milliards d’euros pour couvrir les besoins. Qui paiera les 2,5 milliards manquant ? Les collectivités locales, comme chaque fois que l’Etat ne couvre pas les besoins financiers.
Et bien sûr, l’Etat ne manquera pas de dénoncer l’augmentation scandaleuse des dépenses des collectivités locales….



